Sans abrogation de la LRU, peut-il y avoir des avancées ?
Communiqué n°12 – 3 décembre 2007
Depuis des semaines, par milliers les étudiants exigent l’abrogation de la LRU (loi d’autonomie des universités), parce qu’ils veulent défendre leurs diplômes nationaux, parce qu’ils refusent
la
privatisation-fermeture des universités.
Ils sont rejoints par les lycéens contre la sélection à l’entrée des universités, pour que le baccalauréat soit la seule condition à l’inscription en université.
Pourquoi l’UNEF parle-t-elle « d’avancées importantes » ?
Suite à son entretien avec Mme Pécresse, Bruno Julliard, président de l’UNEF, a déclaré avoir obtenu des « avancées importantes ».
Pourtant la ministre a réaffirmé que la loi s’appliquerait. Elle a notamment promis un investissement supplémentaire de l’Etat dans les universités pour appliquer la LRU.
Jeudi dernier, Sarkozy a annoncé « la vente de 3% d’EDF pour « faire un plan d’investissement de 5 milliards » » (AFP, 2 décembre). C’est une double forfaiture : d’une part, c’est le pillage et le vol d’EDF, d’autre part, cet argent est utilisé pour mettre en place des partenariats avec les entreprises pour privatiser les universités comme le prévoit la LRU.
C’est le cas récemment avec l’entreprise Microsoft qui pourrait profiter des bâtiments et du matériel de l’université de Lyon-I.
Quel étudiant peut y voir une « avancée » ?
Samedi, la ministre a reçu les organisations lycéennes FIDL et UNL, celles-ci « seront associées à la rédaction d’une circulaire qui garantira qu’il n’y aura pas de sélection à l’entrée de l’université » et « ont affiché leur satisfaction » (AFP, 2 décembre).
Mais si la LRU est appliquée, c'est-à-dire si l’ « orientation active » est mise en place, les Conseils d’administration (CA) seront libres de sélectionner les lycéens. C’est la fin du bac national, permettant de s’inscrire de droit dans la filière de son choix !
Et que dire du « cadrage national des diplômes » promis par Pécresse à l’UNEF ? Si la LRU s’applique, les CA pourront supprimer les UFR de leur choix, définir avec les entreprises le contenu des enseignements. C’est la fin des diplômes nationaux, donnant des droits aux jeunes sur le marché du travail ! Et on voudrait nous faire croire que ce serait des « avancées importantes » ?
Pourquoi les dirigeants de la Coordination nationale refusent-ils d’organiser la montée nationale au ministère ?
Que proposent les dirigeants de SUD et la minorité de l’UNEF (TUUD dirigée par la Jeunesses Communistes Révolutionnaires, JCR) ?
La dernière coordination nationale, à Nantes, dirigée ouvertement par les JCR, déclare que « la mobilisation « a contraint la ministre de l’Enseignement Supérieur à un déblocage de moyens pour l’université » » (AFP, 2 décembre).
Eux aussi, comme l’UNEF, ils considèrent donc cette annonce comme une avancée pour les étudiants.
Comme jeudi dernier, ils organisent des manifestations avec des départs différents, des destinations différentes, niant le mandat des AG qui ont voté pour une manifestation nationale qui aille au ministère.
Face à cette désorganisation, les étudiants s’interrogent : « Pourquoi y aurait-il une avancée si la loi est maintenue à l’identique ? Pourquoi accepter que le seul interlocuteur de la ministre soit Bruno Julliard, favorable à la LRU ? N’avons-nous pas le droit, nous, de rencontrer la ministre pour exiger d’elle qu’elle retire sa loi ? Pourquoi le mandat des AG n’est-il pas respecté ? ».
Pour notre part, nous pensons, dans le respect des mandats des AG de milliers d’étudiants et de lycéens, que pour parvenir à l’abrogation de la LRU, il faut une manifestation nationale de dizaines de milliers de lycéens, d’étudiants, de personnels au Ministère, là où ça se décide.
Discutons-en dans les réunions publiques de l’AJR
MEETING à Paris,
mercredi 5 décembre à 19h
Local de l’AJR (M° Château-d’eau)
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