Mardi 12 février 2008

Au moment où l’Union européenne accélère son offensive,
 
Faudrait-il renoncer à l’abrogation de la LRU ?



Alors que par milliers, nous nous sommes mobilisés pour l’abrogation de la LRU (loi d’autonomie des universités dite loi Pécresse), parce que nous voulons défendre nos diplômes nationaux, notre université publique ; le gouvernement répond par l’application de la LRU :

·         13 décembre 2007 : publication du plan « Réussite en licence ». Objectif : en finir avec une université « trop centrée sur les connaissances », généraliser le « stage [NDLR : en entreprise] validé dans le cursus pour tous les étudiants diplômés de L », mettre en œuvre « l’orientation active » pour les lycéens de terminale ; c’est à dire en finir avec les diplômes universitaires nationaux (dont le baccalauréat), en finir avec les Unités de formation et de recherche (UFR), avec les disciplines, avec les connaissances.

·         6 février 2008 : publication du plan « Campus ». Objectif : « faire émerger dix pôles d’excellence capables d’attirer en France les meilleurs chercheurs et étudiants » et « privilégier les opérations de partenariat public-privé en matière d’investissement et de gestion immobilière » (Le Monde, 6 février) ; c’est à dire en finir avec les 86 universités existant dans ce pays, en finir avec l’enseignement supérieur public par l’augmentation des frais d’inscription. Récemment, Paris-IX (Dauphine) a annoncé des frais allant jusqu’à 1650 euros pour des licences.

 

Pourquoi un tel acharnement à vouloir appliquer la LRU ?

 

Le gouvernement répond à l’application de la LRU parce qu’il est soumis au processus européen de Bologne (LMD), parce qu’il est soumis aux décisions du Conseil de l’Europe du 17-18 mai dernier qui impose aux Etats-membres de « promouvoir l’autonomie des établissements d’enseignement supérieur et de recherche », parce qu’il est soumis à la Commission européenne qui vient récemment de « rappeler à l’ordre la France sur ses déficits, en lui réclamant d’accélérer « considérablement » ses efforts d’assainissement budgétaire » (AFP, 30 janvier) ; parce qu’il est soumis aux institutions de l’Union européenne (1). C’est pour ces raisons qu’il est nécessaire de sortir de l’Union européenne.

 

Les Conseils d’administration (CA) votent les décrets d'application de la LRU !

Alors que par milliers, nous nous sommes mobilisés pour l’abrogation de la LRU, les CA dans lesquels siègent les élus étudiants de l’UNEF, de SUD-Etudiant, etc. votent les premiers décrets d’application de la LRU.

Les CA de Clermont-Ferrand-II, le CA de Lyon-III, le CA de Lille-III, etc. l’ont déjà fait.

Les CA de l’université d’Artois, de Lille-II, de Nice, d’Aix-Marseille, etc. s’apprêtent à le faire en mars-avril prochain.

Comment comprendre que la tendance minoritaire de l’UNEF (dirigée par les Jeunesses communistes révolutionnaires), SUD-Etudiant, etc., qui se sont prononcées pour l’abrogation de la LRU en novembre, siègent dans les CA chargés d’appliquer la LRU ? Comment accepter que les CA dans lesquels siègent ces organisations étudiantes votent les décrets d’application de la LRU ?

Cela ne pose-t-il pas la question de la reconstruction d’un authentique syndicat étudiant, indépendant des CA ?

 

Les étudiants n’acceptent pas !

 

En ce début de mois de février, les étudiants sont toujours pour l’abrogation de la LRU comme ils l’ont été il y a deux mois. Ils sont toujours pour l’abrogation de la LRU parce que les raisons pour lesquelles ils étaient pour l’abrogation il y a deux mois, non seulement n’ont pas changé, mais ont été aggravées par la publication successive du plan Licence et du plan Campus, et par les conditions inadmissibles de partiels du 1er semestre.

·         Amiens : des étudiants interpellent l’administration : « Nous exigeons la mise en place d’un panneau d’affichage pour informer les horaires de partiels ! », suite à des partiels manqués par des étudiants.

·         Lille-III : une cinquantaine d’étudiants cognent à la porte du CA pour dire : « Ne votez pas les décrets d’application de la LRU ! Abrogation de la LRU ! »

·         Paris-XIII : une cinquantaine d’étudiants interpellent la ministre : « Pécresse, retire ta loi ! »

Partout, intervenons dans nos TD, dans nos amphis pour établir avec les étudiants les cahiers de revendications !

Partout, allons chercher avec les étudiants les procès-verbaux des CA où s’applique la LRU !

Partout, mettons tout en œuvre pour l’abrogation de la LRU !

 

(1) : le vote du Congrès extraordinaire du Parlement à Versailles le 4 février dernier, permettant la ratification du Traité de Lisbonne et violant le vote NON à la Constitution européenne du 29 mai 2005 (avec l’aide de 193 députés et sénateurs « de gauche »), en est une illustration saisissante.

par Alliance des Jeunes pour la Révolution publié dans : Autonomie des universités LRU
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