Mercredi 23 avril 2008

Message de la permanence nationale de l'Alliance des Jeunes pour la Révolution (AJR, France) à la 10ème Rencontre nationale de Juventude Revolução - IRJ

 

Chers camarades,

 

 

Alors que vous vous réunissez aujourd'hui pour la 10ème Rencontre nationale de Juventude Revolução, tous les militants de l'Alliance des jeunes pour la révolution, section française de l'Internationale révolutionnaire de la jeunesse (IRJ), vous adressent leur salut fraternel !

 

Partout, le système capitaliste fondé sur la propriété privée des moyens de production plonge l'humanité toujours plus loin dans la barbarie et dans la guerre : guerre contre les peuples, guerre contre la jeunesse.

 

Comme vous l’expliquez dans votre "Lettre aux jeunes du continent américain" : « En premier lieu, les peuples sont confrontés aux Traités de Libre Commerce (TLC) qui provoquent le pillage, la déréglementation, l'explosion des nations et remettent en cause tous les droits. »

 

Alors que des "émeutes de la faim" - véritables révoltes des exploités qu’on affame - explosent dans plus de trente pays à travers le monde, qui peut nier que c’est le système capitaliste qui est responsable ? Ce système pourri s’enfonce dans une crise sans précédent depuis 1929, entraînant l’humanité à la barbarie. C’est pour assurer sa survie que l’impérialisme et les institutions internationales (FMI, Banque Mondiale, OMC, Union européenne, NAFTA, etc) à son service tente de maintenir les profits en ouvrant tous les secteurs à la spéculation et en remettant en cause les conquêtes ouvrières. Nous n’acceptons pas que ce soient les travailleurs et les jeunes qui payent pour les milliers de milliards de dollars perdus par les spéculateurs sur les marchés financiers !

 

C’est pourquoi partout dans le monde l’impérialisme cherche à imposer son talon de fer au moyen des TLC ou directement par la guerre… Ainsi, en Europe, nous sommes confrontés à l'Union européenne. Par le biais d’institutions élues par personne, la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE), c’est l'impérialisme qui dicte ses plans.

 

Mais partout dans le monde, les peuples résistent, et bien souvent les jeunes sont au cœur de cette résistance, car ils sont les premiers touchés. Vous le savez, vous qui défendez la vague révolutionnaire sur votre continent contre les menaces de l’impérialisme, au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, etc.

 

En France, la jeunesse s’est soulevée par centaines de milliers à plusieurs reprises durant les dernières années : contre la remise en cause du Baccalauréat en 2005, contre le Contrat Première Embauche (qui visait à en finir avec le Contrat à Durée Indéterminée) en 2006… et cette année contre la LRU (loi de privatisation des universités). Et depuis plus d’un mois, ce sont des dizaines de milliers de lycéens qui manifestent avec leurs professeurs contre les 11 200 suppressions de postes prévues à la rentrée prochaine.

 

D’où viennent tous ces plans de destruction auxquels nous sommes confrontés ? Ils ont tous un point commun : ils prennent tous leur source dans les directives de l’Union européenne.

 

En 1999, tous les ministres de l'enseignement supérieur des pays de l'Union européenne se rencontraient pour mettre en place le "processus de Bologne" (aussi appelé "LMD" ou "3-5-8"). Ces messieurs s'engagent alors à « à coordonner nos politiques pour atteindre (…) les objectifs suivants (…) :

Adoption d’un système de diplômes (...) pour favoriser l’employabilité des citoyens européens et améliorer la compétitivité du système européen d’enseignement supérieur (...).

Mise en place d’un système de crédits – comme celui du système ECTS – comme moyen approprié pour promouvoir la mobilité des étudiants le plus largement possible. Les crédits pourraient également être acquis en dehors du système de l’enseignement supérieur, y compris par l’éducation et la formation tout au long de la vie (…). »

 

Voilà de quoi il s'agit : « améliorer la compétitivité » des entreprises, « promouvoir la mobilité » que les patrons imposent aux étudiants et « favoriser l'employabilité » en lieu et place du droit au travail. L'employabilité, c'est la déqualification, c’est la surexploitation ! La Commission européenne ajoute d'ailleurs dans une autre déclaration datée du 5 février 2003 que : « la reconnaissance des qualifications acquises représente un obstacle obsolète » (dans « Le rôle des Universités dans l’Europe de la connaissance ») !

 

Mais qu'est-ce que les qualifications acquises ? N’est-ce pas des diplômes nationaux sanctionnant des connaissances acquises une bonne fois pour toutes et dont la valeur est garantie pour le reste de notre vie ? Si l’on comprend bien, c’est avec nos diplômes nationaux que l’Union européenne veut en finir, pour les remplacer par... la formation tout au long de la vie, c'est à dire par quelque chose qui n'apporte aucune garantie. Comme avec le programme REUNI dont vous parlez dans votre lettre, ils « transforment les campus en fabriques de "diplômes de rien du tout", envoyés sur le marché pour des salaires de misère. »

 


Pour arriver à cela, ils ont commencé par s’attaquer aux diplômes nationaux qui faisaient que deux étudiants qui étudiaient dans deux universités différentes obtenaient à la fin de leurs études le même diplôme avec les mêmes droits. Une circulaire d'application du processus de Bologne en France indiquait ainsi : « la philosophie fondamentale du LMD : permettre aux universités françaises [...] de proposer leurs programmes et leurs diplômes ». Et effectivement, avec le LMD qui a commencé à appliquer le processus de Bologne en France en 2003 malgré la résistance des étudiants, ceux-ci n’ont plus les mêmes droits selon l'université à laquelle ils appartiennent.

 

C’est très concret : c'est depuis que le LMD s'applique que des étudiants sont obligés de passer leurs examens assis par terre. C'est depuis qu’il y a le LMD que les étudiants doivent travailler pendant six mois gratuitement dans des stages en entreprises obligatoires pour avoir leur diplôme à la fin de l'année. C'est depuis qu’il y a le LMD que les frais d'inscription à payer pour entrer à l'université ont explosé, atteignant parfois 3 500 euros !

 

Ce n'est pas assez pour l'Union européenne ! Elle s'est adressée l'an dernier à tous les Etats membres pour passer à la deuxième étape du processus de Bologne en ordonnant « aux autorités publiques de promouvoir l’autonomie des établissements d’enseignement supérieur et de recherche ». Mais attention : pour l’Union européenne, "autonomie" signifie privatisation-destruction des universités ! Cela s’est traduit en France par la loi LRU contre laquelle les étudiants se sont dressés en Assemblées Générales et en manifestation pendant deux mois.

 

Malgré cela, aujourd'hui la LRU s’applique. Par exemple les universités ont le pouvoir de fusionner ou de fermer des départements universitaires, ce qui auparavant dépendait de l’Etat. Conséquence : des filières entières ferment, laissant des centaines d'étudiants à la rue. Les universités jusqu’ici publiques sont désormais autorisées à être financées par le privé… et elles passent donc des contrats avec des grandes entreprises comme Microsoft qui veulent accéder à une réserve de main d'oeuvre gratuite. Les étudiants devraient être sous la coupe des grandes entreprises : Michelin à Clermont-Ferrand, les laboratoires AMGEN à Bordeaux, les laboratoires Boiron à Lyon, etc. Il s’agit là d’une entreprise de déqualification.

 

Face à de tels plans de guerre contre la jeunesse, face à cette offensive de déqualification, de destruction des droits, aucun jeune ne peut accepter ! Ni en France, ni ailleurs. Partout, les jeunes cherchent à résister :

 

En 2006, pendant deux mois, les étudiants grecs ont manifesté par dizaines de milliers contre la privatisation de leurs universités imposée là aussi par le processus de Bologne. En 2007 à nouveau, la Grèce à été secouée par une grève générale. Parmi les manifestants, les étudiants réclamaient toujours le retrait du processus de Bologne.

 

Le 9 mars 2007, en Hongrie, un référendum demandait à la population: « Etes-vous pour les droits d'entrée payants en faculté ? ». Saisissant cette opportunité de s’exprimer, comme l’avait fait le peuple français lors de la victoire du vote NON à la Constitution européenne le 29 mai 2005, la population hongroise a voté NON à plus de 80 %, s'opposant ainsi frontalement à l'Union européenne et à sa politique.

 

Comme nous l’avons dit, ici en France nous nous sommes battus avec des dizaines et des dizaines de milliers d'étudiants pour l’abrogation de la LRU qui détruit nos universités. Nous n’avons pas obtenu l’abrogation de la LRU, et elle commence à s’appliquer. Pourquoi notre mouvement n’a-t-il pas obtenu l’abrogation de la loi ? Est-ce parce que les étudiants ne se seraient pas assez battus ? Non, au contraire ils se sont acharnés malgré les obstacles ! Alors que le mouvement était isolé université par université, ils ont cherché à réaliser leur unité dans une manifestation nationale de centaines de milliers au Ministère de l’Enseignement Supérieur pour obtenir l’abrogation de la LRU, là où la loi a été décidée.

 

Le problème, c’est qu’alors qu’ils votaient en Assemblées Générales pour cette manifestation nationale, pour laquelle les étudiants de l’AJR ont combattu sans relâche, les organisations qui prétendaient diriger le mouvement, l’UNEF (prétendu "syndicat étudiant" qui avait co-rédigé la loi avec la Ministre) et l’organisation de jeunes de la LCR d’Olivier Besancenot (qui est dans la même organisation internationale qu’Heloisa Helena et Miguel Rossetto) ont tout fait pour empêcher que cette manifestation nationale soit convoquée. C’est ainsi qu’ils ont réussi à casser le mouvement.

 

Et aujourd’hui, il se passe la même chose avec le mouvement des lycéens  

qui manifestent dans l'unité avec leurs professeurs pour obtenir le maintien de tous les postes et de toutes les classes que le gouvernement veut supprimer au nom des économies budgétaires imposées par l'Union européenne. La question posée reste : est-il possible qu’il n’y ait pas de manifestation nationale de profs, de lycéens et de parents d’élèves, par centaines de milliers, par millions, chez Darcos, au ministère, pour que soient rendus les 11 200 postes supprimés ? Les lycéens ont déjà manifesté sept fois à Paris et dans toute la France, le gouvernement compte sur le pourrissement, les provocations violentes, la division… Mais les vacances, divisant la France en trois zones, ne suffisent pas à entamer la détermination des lycéens. D’ores et déjà, des Assemblées générales sont convoquées dès la rentrée de chaque zone. Les grèves et manifestations se poursuivent afin de récupérer nos postes, afin d’infliger une défaite au gouvernement !

 

Les jeunes n’acceptent pas ! Ils veulent défendre leurs droits à un vrai diplôme, à un vrai travail avec un vrai salaire. Ils ne veulent plus de la précarité. Ils sont prêts à se battre ! Mais pour cela ils ont besoin d’une organisation de jeunes révolutionnaires pour les aider à renverser ces obstacles qui se dressent sur la voie de l’unité pour la satisfaction des revendications, et qui pour cela n’hésite pas à dire "Rupture avec l’Union européenne" !

 

C’est la raison pour laquelle, l’AJR prépare son Congrès pour les 25 et 26 octobre prochains avec l’objectif de 500 participants, en donnant la parole à toute la jeunesse.

 

C’est une question de civilisation ! Au moment où le gouvernement français s’attaque aux budgets de l’Education Nationale, il annonce l'envoi de 1 000 soldats supplémentaires pour soutenir l’occupation sous commandement américain en Afghanistan, avec un budget de plus de 250 millions d’euros. C’est relié ! Dans les manifestations, les lycéens scandent « De l’argent pour l’école, pas pour la guerre en Afghanistan ! »

 

Un lycéen a expliqué dans une réunion de préparation du Congrès de l’AJR samedi dernier : « Notre lycée est menacé de fermeture. La semaine dernière un colonel de l’armée est venu faire une réunion pour nous recruter. Je suis très en colère : c’est nous qui devrons construire ce pays dans l’avenir, et au lieu de nous former, ils détruisent notre lycée, et ils veulent nous envoyer détruire l’Afghanistan ! ». Comme nos camarades de Revolution Youth aux Etats-Unis, va-t-on bientôt devoir lutter contre ces recruteurs de l’armée qui viennent achever la destruction de nos écoles publiques ?

 

Il faut que cela cesse ! Nous ne voulons pas d’autres guerres de dislocation, d’un nouvel Irak ou de nouveaux Kosovo… ni en France, ni en Bolivie, ni au Pakistan, ni en Chine ! Défense de la souveraineté des peuples et des nations !

 

C'est parce que, partout dans le monde, nous refusons l'avenir de déqualification, de chômage, de misère et de guerre que le système capitaliste pourrissant nous offre, que nous sommes pour la révolution, que nous construisons des organisations de jeunes révolutionnaires indépendante de l'impérialisme pour le renverser.

 

C'est parce que les coups qui nous sont assénés sont partout les mêmes, parce que les opprimés ont tous les mêmes intérêts, que nous sommes internationalistes et que nous construisons l'Internationale révolutionnaire de la jeunesse.

 

En France et en Europe, les jeunes révolutionnaires regardent avec espoir cette 10ème Rencontre nationale de Juventude Revolução qui, nous en sommes certains, marquera un pas en avant dans le combat pour la construction de l’IRJ, dans le combat contre la barbarie et pour la révolution, combat qui passe aujourd’hui par la rupture avec les traités de libre commerce, la rupture avec l'Union européenne et toutes les institutions de l’impérialisme.

 

Nous sommes avec la Révolution ! Vive Juventude Revoluçao !

Vive l'Internationale Révolutionnaire de la jeunesse !

 




par Alliance des Jeunes pour la Révolution publié dans : IRJ
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