Mercredi 5 décembre 2007
Le 2 décembre dernier, Nicolas Sarkozy a annoncé « la vente de 3% d’EDF pour faire un plan d’investissement de 5 milliards » (AFP) pour l’application de la LRU (loi d’autonomie des universités), ce à quoi l’UNEF, principale organisation étudiante, a applaudi des deux mains par la voix de son président Bruno Julliard, affirmant que des « avancées importantes » étaient le résultat de la mobilisation des étudiants.

Le 2 décembre toujours, la coordination nationale réunie à Nantes, ouvertement dirigée par les Jeunesses Communistes Révolutionnaires (JCR), a publié un communiqué dans lequel elle déclare que la mobilisation « a contraint la ministre de l’Enseignement supérieur à un déblocage de moyens pour l’université ».

La vente de 3 % d’EDF dès le lendemain de son annonce, pour appliquer la LRU, c’est-à-dire pour appliquer la privatisation-fermeture des universités, la destruction des diplômes nationaux : serait-ce une « avancée » ?
Dans une interview du quotidien Métro (4 décembre), que peut-on lire ?

- Métro : « Nicolas Sarkozy vient d’annoncer une privatisation de 2,5% d’EDF, qui permettra de dégager 5 milliards d’euros pour un grand plan campus. C’est un cadeau du ciel ? »
- Valérie Pécresse : « Non, ça fait plusieurs mois que nous travaillons sur ce scénario. Mais il fallait que la loi d’autonomie soit votée. Cette loi va permettre aux universités d’acquérir la compétence immobilière et d’être plus responsables et plus libres dans ce domaine. »

Cinq milliards d’euros prévus de longue date… pour la privatisation des universités !
« Mais il fallait que la loi d’autonomie soit votée » ! Et notamment que son article L719-13 soit appliqué (1) pour que puisse débuter le pillage du patrimoine immobilier universitaire par le privé, le pillage des universités.
Microsoft vient d’ailleurs de « signer pour trois ans un partenariat socio-économique » avec l’université Lyon-I, débloquant « 180 000 euros pour ce partenariat » (Métro, 4 décembre).

Des formations “Microsoft”, des diplômes “Microsoft”, n’est-ce pas l’inverse des diplômes nationaux dont la défense est exigée par les milliers d’étudiants réunis en Assemblées générales (AG) depuis octobre ?

Des diplômes “Microsoft”, n’est-ce pas l’application de l’article L713-1 de la LRU qui fait voler en éclat l’offre de formation définie nationalement et garantissant l’égalité de traitement des étudiants sur tout le territoire (2) ?

Alors où sont les « avancées importantes » dont fait état Bruno Julliard, relayées par la coordination nationale dirigée par les JCR ?

Valérie Pécresse l’avoue elle-même dans cette même interview à Métro :
- Métro : « Avez-vous le sentiment d’avoir beaucoup modifié votre réforme par rapport au point de départ ? »
- Valérie Pécresse : « Non, la loi est intacte. Elle a été concertée, débattue au Parlement, adoptée et elle est en train d’être appliquée par les universités. »

Ne faut-il pas voir dans le refus des uns et des autres d’affirmer clairement « sans abrogation de la LRU, pas d’avancée ! », une explication au fait que ni les uns, ni les autres n’appellent à la tenue d’une manifestation nationale au ministère de dizaines de milliers d’étudiants et de personnels pour gagner, pour obtenir l’abrogation de la LRU ?

Ne faut-il pas voir dans ce refus des uns et des autres, une subordination à la politique de l’Union européenne et à ses directives, à l’origine de la LRU (cf. article de Nedjib) ?

En refusant de répondre aux AG de milliers d’étudiants, qui se prononcent pour une manifestation nationale au ministère pour obtenir l’abrogation de la LRU, ne prennent-ils pas la responsabilité de condamner le mouvement étudiant ?

Ces questions, nous les soumettons à la discussion de chacun et nous invitons tous les jeunes à formuler leurs réponses en participant aux réunions de l’AJR qui se tiendront dans les prochaines semaines partout en France.

Pierre Kharine

(1)« L’Etat peut transférer aux établissements publics (…) la pleine propriété des biens mobiliers et immobiliers qui leur sont affectés »
(2)« Les universités regroupent diverses composantes qui sont : (…) des unités de formation et de recherche (…), créés par délibération du conseil d’administration [CA] de l’université »
par Alliance des Jeunes pour la Révolution publié dans : Editoriaux
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Samedi 24 novembre 2007

Le 20 novembre, 40.000 étudiants ont manifesté dans la rue pour l’abrogation de la LRU (loi Pécresse dite loi d’autonomie des universités), pour la défense des diplômes nationaux.

Le lendemain, Bruno Julliard, président de l’UNEF & membre de la tendance majoritaire, a souhaité « trouver une solution à la crise » avec la ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse, regrettant que celle-ci « refuse obstinément » d’ouvrir des négociations (AFP, 21 novembre).

Des négociations ? Mais sur quel mandat ? A partir de quelles revendications ?

Le président de l’UNEF répond : « On ne met pas l’abrogation de la loi comme préalable aux négociations » (idem). Comment comprendre ? Quel étudiant pourrait accepter que des négociations s’ouvrent sans faire de l’abrogation de la LRU un préalable à toute discussion ?

Qu’en est-il de la tendance minoritaire de l’UNEF, constituée par les Jeunesses Communistes Révolutionnaires (JCR) ?

Dans les AG de Paris-III (Censier), Paris-X (Nanterre), d’Amiens, de Dijon, de Montpellier-I, de Lyon-I, de Lille-III, du Mans et dans d’autres, la proposition de « manifestation nationale au ministère, là où ça se décide, chez Pécresse, pour qu’elle retire sa loi » a été adoptée par l’immense majorité des étudiants.

Lors de la dernière coordination nationale à Tours (17 & 18 novembre), les dirigeants qui affichent leur appartenance aux JCR ont appelé à s’opposer à la manifestation nationale au ministère en proposant, le 22 novembre, une manifestation décentralisée, régions par régions.

Pourtant, s’il s’agit d’obtenir l’abrogation de la LRU, ne faut-il pas manifester tous ensemble, dans l’unité, là ou ça se décide, au ministère, sans attendre une minute de plus ?

C’est ce qu’ont fait les étudiants en médecine, en octobre dernier, en manifestant à 20 000 à Paris, et ils ont obtenu le retrait de l’article 33 du projet de loi de financement de la sécurité sociale (relatif au « déconventionnement » des médecins) !

Cela pose, en dernier lieu, la question du mandat : dans les assemblées générales, les étudiants se prononcent « pour l’abrogation de la LRU » et proposent « manifestation nationale au ministère » pour y parvenir, et en réponse, les tendances majoritaire et minoritaire de l’UNEF décident : « On ne met pas l’abrogation de la loi comme préalable aux négociations » et « manifestation décentralisée ».

C’est la même chose sur la question de l’Union européenne : lorsque le peuple français a voté NON à la Constitution européenne le 29 mai 2005, exigeant que cesse la politique de destruction des acquis sociaux impulsée par l’Union européenne et posant la question de la rupture avec ses institutions, le mandat n’a pas été respecté.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, un nouveau traité européen (dit Traité de Lisbonne) a été rédigé par les 27 chefs d’Etat et de gouvernement, les 18-19 octobre dernier, bafouant le mandat porté par le peuple français et violant la démocratie.

Faut-il qu’il y ait une véritable organisation de jeunes qui dise : « Le mandat doit être respecté ! Qu’il s’agisse des assemblées générales comme du vote sur la Constitution européenne, la démocratie doit être respectée, les jeunes doivent décider ! » ?

Cette organisation, nous vous proposons de la construire ensemble, en participant aux réunions de l’AJR, en combattant avec les adhérents de l’AJR pour une manifestation nationale au ministère pour l’abrogation de la LRU, en rejoignant les rangs de l’AJR !


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par Alliance des Jeunes pour la Révolution publié dans : Editoriaux
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Mercredi 14 novembre 2007

Editorial, 18 septembre

Le 17 septembre, le Premier ministre, François Fillon, a estimé que la "tension est extrême" avec l’Iran sur la question de l’armement nucléaire. Selon Le Monde (17 septembre) : « Les propos font suite aux déclarations, dimanche, de Bernard Kouchner. Le ministre des affaires étrangères avait estimé que le monde devait se "préparer au pire", c'est-à-dire à la possibilité d'une "guerre" avec l'Iran. » A ce jour, nul ne peut connaître les futurs développements de cette « tension », mais une chose est sûre : la situation politique mondiale s’est de nouveau contractée depuis cet été.

 

La crise financière qui s’est abattue a fait vaciller toutes les banques centrales du monde entier avec à la clé des aides d’urgence demandée par des banques au bord de la faillite.

 

En Angleterre, des milliers de travailleurs ont attendu pendant des heures à l’entrée de la Northern Rock britannique pour récupérer leur liquidité. « La Northern Rock est le premier institut du pays à être aussi durement touché par les répercussions de la crise des crédits immobiliers à risque (ou “subprime”) aux Etats-Unis » (Métro, 17 septembre).

 

Dans cette crise, la Banque centrale européenne (BCE) a pleinement joué son rôle : à elle seule, elle a extrait près de 270 milliards d’euros pour voler au secours des spéculateurs.

 

Les capitalistes américains jouent à la Bourse… et c’est la BCE qui rembourse !

 

Pouvait-il en être autrement ? La BCE a précisément été créée pour cela.

 

Les institutions de l’Union européenne ont précisément été créées pour cela.

 

Souvenons-nous que la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) créée en 1951 (ancêtre de l’Union européenne) avait pour but affiché de permettre la collaboration entre les pays européens (notamment la France et l’Allemagne). De l’acier en Europe, il n’est reste rien… ou presque : en 1952, les effectifs européens d’ouvriers sidérurgistes étaient de 714000 contre 272000 en 2002, soit presque 3 fois moins ! Quel progrès ! Pendant ce temps, les besoins en acier ont crû et le marché est maintenant dominé par… les lobbies de la Maison Blanche !

 

La subordination à l’égard de l’administration Bush se fait de plus en plus grande : tout le monde a en mémoire les voyages de Sarkozy au ranch de Bush cet été, ainsi que les visites de Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, en Irak.

Et maintenant, l’imminence d’une guerre contre l’Iran se fait sentir !

Est-ce que cette situation peut continuer ainsi ? Chaque jour de plus dans l’Union européenne est une souffrance supplémentaire pour les jeunes et les travailleurs de ce pays !

La Sécurité sociale, les retraites, le droit de grève, l’école (cf. pages 2-3), l’université (page 4) : tout est remis en cause par les directives de l’Union européenne en cette rentrée !

Rien de bon ne peut arriver pour les jeunes et les travailleurs en restant dans le cadre de l’Union européenne. Il faut donc en sortir ! Au plus vite !

Le 29 mai 2005, nous l’avons pourtant dit : nous ne voulons plus que cette situation se poursuive. Nous voulons garder nos droits, notamment le droit aux études, le droit à la qualification, le droit au travail sous contrat à durée indéterminée ou sous statut.

Nous voulons garder nos diplômes universitaires nationaux.

Pour cela, ne faut-il pas l’unité de tous (organisations de personnels et d’étudiants) pour le retrait de la loi d’autonomie des universités (LAU) ?

D’ores et déjà, une pétition signée par toutes les organisations syndicales de personnels universitaires demandant le « retrait de cette loi » a jusqu’à ce jour recueilli près de 5 000 signatures. Est-il possible que les organisations étudiantes (en tête desquelles l’UNEF) continuent à ne pas répondre à nos professeurs qui disent : « Retrait de la LAU » ?

Comme eux, il ne peut pas y avoir d’autre mot d’ordre que : « Unité pour le retrait de la LAU » !

 

Pierre Kharine

par Alliance des Jeunes pour la Révolution publié dans : Editoriaux
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